Ce samedi 30 mai marque un jour historique pour les supporters d’Arsenal. Vingt ans après une finale de Ligue des champions perdue qui a laissé des traces, le club londonien s’apprête à disputer sa deuxième finale de son histoire. Le rendez-vous est pris à Budapest, où les Gunners, fraîchement couronnés champions de Premier League, défieront le Paris Saint-Germain, détenteur du titre européen. L’enjeu est de taille : remporter la première Coupe aux grandes oreilles et réaliser un doublé Premier League-Ligue des champions, un exploit mémorable.

Paris, Stade de France, 17 mai 2006. Des larmes de déception coulaient sur les visages des supporters d’Arsenal. Pendant deux décennies, cette défaite en finale face au FC Barcelone est restée une blessure ouverte, un fantôme qui hantait les espoirs du club. Bernie, présent ce jour-là, n’aurait jamais imaginé devoir attendre vingt ans pour revoir son équipe favorite à ce niveau de la Ligue des champions.
« Cela semble une éternité. À l’époque, nous pensions tous que c’était le début d’une nouvelle ère pour Arsenal, se remémore-t-il. Bien que nous ayons atteint les quarts de finale depuis, nous n’avons jamais réussi à décrocher le trophée. L’attente entre ces deux finales est immense, et l’excitation avant Budapest est tout simplement extraordinaire. »
Vingt ans de persévérance, de transformations, de déménagements de stade, d’incertitudes, et même de railleries ont marqué cette période d’exil loin des sommets européens. Pour une génération entière de fans d’Arsenal, la gloire passée se racontait en récits d’antan. Mais le vent a tourné avec l’arrivée de l’entraîneur Mikel Arteta, l’homme qui a su redonner à Arsenal le goût de la victoire et forger une nouvelle identité au club.
L’attente d’une vie pour les jeunes supporters d’Arsenal
Au George, un pub emblématique du nord de Londres, les générations se croisent chaque week-end. Les anciens, témoins des heures de gloire européennes, transmettent leur passion aux plus jeunes. Pierre-Antoine fait partie de cette nouvelle vague de supporters qui, en 2006, n’étaient pas encore nés ou étaient de jeunes enfants.
En 2006, il avait 10 ans. « Vingt ans que j’attends ça, j’ai attendu ça toute ma vie. Les Invincibles d’Arsène Wenger m’ont initié au football, mais j’étais trop jeune en 2004 pour comprendre ce qui se passait, explique-t-il. C’est un passé lointain, mais suffisamment présent pour m’ancrer, surtout avec mon père qui m’a ramené un maillot d’Arsenal de Londres. Maintenant, nous pouvons vivre quelque chose ensemble. J’en ai la chair de poule rien que d’en parler. Mais pour moi, quoi qu’il arrive, c’est déjà une saison incroyable. »
Vingt ans plus tard, les maillots rouges et blancs des Gunners inondent à nouveau les tribunes d’une finale de Ligue des champions. L’objectif est clair : effacer les douloureux souvenirs de 2006 et graver le nom d’une nouvelle génération de joueurs d’Arsenal dans les annales du football européen.