L’enseignant et analyste politique Armand Noutack II soulève une interrogation fondamentale sur la société camerounaise : le désir de transformation du pays est-il sincère ou simplement une façade ? Selon lui, le véritable frein au progrès ne réside pas uniquement dans la gouvernance, mais dans une culture du statu quo et des réseaux d’intérêts personnels profondément ancrée chez de nombreux citoyens.
Une corruption généralisée et acceptée
Dans une tribune percutante, Armand Noutack II pointe du doigt l’hypocrisie de ceux qui réclament le changement tout en profitant de pratiques frauduleuses. Il dénonce ces acteurs qui, sous couvert d’opposition politique, entretiennent des liens ambigus avec le pouvoir pour obtenir des marchés publics ou des privilèges, tout en critiquant le système en public.
Les contradictions du quotidien
L’auteur illustre son propos par des exemples tirés de la vie courante :
- Des fonctionnaires qui, tout en réclamant un renouveau, s’installent à l’étranger tout en continuant de percevoir leurs salaires indûment au Cameroun.
- Des commerçants qui dénoncent la corruption tout en pratiquant la fraude sur les poids ou en vendant des produits avariés.
- Des citoyens qui, bien que critiques envers l’administration, participent à des trafics d’énergie ou à des petites corruptions quotidiennes.
La nécessité d’une transformation mentale
Pour Armand Noutack II, la lutte contre la corruption ne doit pas seulement cibler les hauts dirigeants. Il encourage les autorités, notamment le ministre Motaze, à assainir le fichier de l’État, tout en soulignant que le changement durable exige une remise en question individuelle. Il affirme que tant que la mentalité de la « toile d’araignée » de la corruption persistera au sein de la population, aucun progrès significatif ne sera possible.
En conclusion, l’enseignant rappelle que le citoyen est le premier acteur du changement. « Si tu ne peux pas être toi-même le changement que tu veux pour ton pays, alors tais-toi », martèle-t-il, appelant à une prise de conscience collective pour bâtir un Cameroun débarrassé de ses pratiques malsaines.