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Afrique : les minéraux stratégiques au cœur d’une révolution économique à Abidjan

Afrique : les minéraux stratégiques au cœur d’une révolution économique à Abidjan

Abidjan a abrité cette semaine une rencontre historique où les nations africaines productrices de minéraux critiques ont scellé une alliance pour transformer leurs sous-sols en moteur de croissance. L’enjeu ? Capitaliser sur des ressources valant plus de 29 500 milliards de dollars, tout en bâtissant des industries locales et des chaînes de valeur régionales capables de répondre à une demande mondiale en pleine mutation.

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Des ministres africains des Mines, de l’Énergie et de l’Économie verte, aux côtés de représentants de la Commission de l’Union africaine et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), se sont retrouvés pour poser les bases d’une nouvelle gouvernance des ressources stratégiques. Leur objectif : accélérer la transformation locale et créer des emplois durables plutôt que d’exporter des matières premières brutes.

Un nouveau pacte minier pour une afrique souveraine

Cette conférence ministérielle a marqué un tournant dans la stratégie africaine. Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement (BAD), a insisté sur la nécessité d’un changement de paradigme : « Il faut repenser la gestion des ressources naturelles pour qu’elles profitent directement aux populations africaines. » Son appel résonne comme un plaidoyer pour une industrialisation accélérée et un financement adapté aux défis du continent.

Parmi ses propositions : consolider les institutions financières africaines, aujourd’hui sous-capitalisées, et investir massivement dans les infrastructures afin de maximiser la valeur ajoutée des minerais extraits. « Seuls 1 % des financements mondiaux dédiés au développement transitent par les institutions africaines, alors que notre continent recèle 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques », a-t-il souligné.

La côte d’ivoire mise sur ses réserves inexploitées

Mamadou Sangafowa-Coulibaly, ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, a rappelé que plus de 70 % du territoire ivoirien pourraient abriter des gisements de minéraux stratégiques. Une aubaine pour le pays, qui mise sur une politique minière intégrée (2026-2040) pour atteindre le statut de nation à revenu intermédiaire d’ici 2030.

Avec un budget de 38 000 milliards de francs CFA, ce plan repose à 88 % sur le secteur privé, illustrant la volonté de l’État de s’appuyer sur des partenariats public-privé innovants. « Aucune nation africaine ne peut réussir seule. Nous devons créer des chaînes de valeur régionales pour transformer nos ressources en richesses partagées », a-t-il déclaré.

Un trésor minier de 29 500 milliards de dollars face à une demande en explosion

L’Afrique détient près de 30 % des réserves mondiales de cobalt, lithium, graphite, terres rares et autres métaux essentiels à la transition énergétique. Pourtant, 8 600 milliards de dollars de ces ressources restent inexploités, faute d’infrastructures et de valorisation locale.

La demande mondiale, elle, explose : les besoins en lithium pourraient être multipliés par 9 d’ici 2040, ceux en platine par 10, et ceux en cuivre de près de 90 %. Une opportunité sans précédent pour le continent, qui pourrait voir la valeur de ses chaînes de valeur minières passer de 7 000 à 59 000 milliards de dollars d’ici 2050.

L’industrialisation africaine, clé d’un avenir prospère

Les dirigeants présents à Abidjan ont clairement affiché leur volonté de rompre avec le modèle colonial d’exportation de matières premières. Leur ambition ? Faire des minéraux critiques un levier de création d’emplois locaux, de souveraineté industrielle et de développement durable.

« Cette conférence n’est pas qu’un événement. C’est le début d’une révolution économique où l’Afrique prend enfin le contrôle de son destin minier », a résumé un participant. Une transformation qui pourrait redéfinir la place du continent dans l’économie mondiale.

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