Afflux massif de burkinabè vers le centre du Mali : des villages entiers en quête de sécurité

Actualité Mali

Des Burkinabè en fuite : Koro, nouvelle frontière de l’exode

À Koro, dans le centre du Mali, les structures d’accueil montrent leurs limites face à l’arrivée massive de milliers de réfugiés burkinabè. Ces déplacés, majoritairement des femmes et des enfants, fuient les violences des groupes armés dans leur région d’origine.

Groupe de réfugiés burkinabè arrivant à Koro après avoir fui les violences

Un exode déclenché par les menaces djihadistes

Depuis le 26 mai, des milliers de Burkinabè originaires des villages du centre du Burkina Faso ont franchi la frontière pour se réfugier à Koro, dans le centre du Mali. Ces personnes, prises de panique, ont abandonné leurs habitations, leurs biens et parfois même leurs moyens de subsistance après des ultimatums répétés des groupes armés.

Hamsetou, l’une des déplacées, raconte : « Deux hommes à moto sont venus nous prévenir. Nous avons eu si peur que nous avons décidé de fuir immédiatement. » Avec sa fille et sa famille, elle a quitté son village de Sia, dans la province de Gomboro, après l’invasion des groupes armés lors de la foire hebdomadaire du village. « Ils nous ont ordonné de partir avant le lever du jour. Nous sommes partis de nuit, cachés dans les villages voisins, avant de rejoindre Koro le lendemain. »

Oumou, originaire de Ganagoulo, a vécu le même scénario. Le 26 mai, elle a vu des hommes armés se diriger vers Bouli et Gani avant d’être sommée de quitter son village : « Ils nous ont dit que nous subirions le même sort. Nous avons tout laissé : nos maisons, nos denrées, nos animaux. Certains ont marché, d’autres ont emprunté des tricycles, des charrettes ou des vélos. » Elle a finalement rejoint Koro avec son mari et leurs quatre enfants.

Des conditions d’accueil précaires à Koro

Les infrastructures locales peinent à absorber cet afflux massif. Issa Sagara, maire adjoint de Koro, alerte sur l’urgence de la situation : les besoins en hébergement, en nourriture et en soins restent immenses. Les réfugiés sont actuellement répartis sur plusieurs sites dans la ville et ses alentours, mais les ressources disponibles sont largement insuffisantes.

Près de trois quarts de ces déplacés sont des femmes et des enfants, particulièrement vulnérables. Leur installation à Koro n’est pas envisagée comme temporaire, mais comme une solution durable en attendant la stabilisation de la situation sécuritaire dans leur région d’origine.

  • Sia, Gani, Bouli, Kogan, Ganagoulo et Kouéré : ces villages du centre du Burkina Faso ont été vidés de leurs habitants, contraints à l’exode par la terreur.
  • Les routes empruntées par les réfugiés témoignent de l’urgence : certains ont marché des kilomètres, d’autres ont utilisé des moyens de fortune pour rejoindre Koro.

Un appel à la solidarité nationale et internationale

Face à ce défi humanitaire, les autorités locales multiplient les appels à l’aide. Les besoins sont multiples : abris, denrées alimentaires, soins médicaux et protection. Les acteurs locaux et les organisations humanitaires sont sollicités pour renforcer les capacités d’accueil et éviter une crise humanitaire encore plus profonde.

La situation rappelle l’ampleur des crises sécuritaires qui secouent la région du Sahel, poussant des populations entières à chercher refuge dans les pays voisins. Koro, autrefois paisible localité malienne, devient malgré elle un symbole de la résilience face à l’instabilité.

Retour en haut