Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a achevé une tournée diplomatique en Afrique de l’Ouest qui l’a mené successivement au Ghana, en Gambie, en Sierra Leone et en Côte d’Ivoire. Lors de son passage en Côte d’Ivoire, invité d’honneur à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance ivoirienne, il a échangé avec son homologue Alassane Dramane Ouattara. Accompagné de son épouse Zita Oligui Nguema, le chef de l’État gabonais a également assisté au défilé militaire, saluant au passage la performance de la Garde républicaine dirigée par le général de brigade Antoine Balekidra.
Un autre moment fort de la semaine écoulée a été la célébration de la Journée nationale du drapeau, marquant sa 17e édition. Sous le thème « Un drapeau, une Nation unie, ensemble bâtissons le Gabon nouveau », l’événement a réuni l’ensemble des Gabonais autour d’une cérémonie solennelle organisée à Libreville, au palais de la présidence. Le couple présidentiel, les membres du gouvernement et les responsables des institutions constitutionnelles y ont pris part, entourés d’une atmosphère colorée et sous le regard attentif du ministre du Rayonnement culturel, Ulrich Kessany.
Mais pourquoi le Drapeau gabonais (Vert-Jaune-Bleu) est-il célébré spécifiquement le 09 août ? Cette date commémore son hissage pour la première fois en 1960, quelques jours avant que le Gabon ne proclame son indépendance.
Parallèlement, la réforme de l’administration gabonaise a occupé le devant de la scène médiatique au cours de la semaine. Lors d’une intervention radiophonique sur Gabon 1re, la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, a présenté les grandes lignes de ce projet ambitieux. Celui-ci vise à réviser deux textes fondamentaux encadrant la Fonction publique gabonaise : le Statut général de la Fonction publique et le Statut général des fonctionnaires.
La ministre a précisé que ces textes n’ont pas encore été soumis à l’examen du Conseil interministériel. Après cette étape, ils devront passer par le Conseil des ministres, le Conseil d’État, le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), avant d’être présentés au Parlement (Assemblée nationale et Sénat).
Les critiques face à une réforme jugée unilatérale
Certains responsables syndicaux et politiques ont pointé du doigt le caractère « unilatéral » de cette réforme, estimant que les partenaires sociaux n’ont pas été suffisamment associés à son élaboration. Laurence Ndong a rétorqué que ces critiques étaient infondées, soulignant que les textes seraient examinés par le CESEC, où siègent des représentants de la société civile, ainsi que par les parlementaires, qui pourront proposer des amendements.
Vers une évaluation au mérite dans la Fonction publique
Le projet de réforme prévoit notamment la suppression des avancements automatiques au profit d’avancements basés sur le mérite, déterminés par des évaluations individuelles. Cette mesure, bien que saluée par certains, a suscité de vives réactions et relancé le débat public. Malgré les explications de la ministre, les craintes et les interrogations persistent, notamment sur les réseaux sociaux où les inquiétudes s’expriment ouvertement. Laurence Ndong a d’ailleurs évoqué la possibilité d’organiser un débat contradictoire pour répondre aux interrogations et apaiser les tensions.
La ministre n’a pas hésité à mettre en doute les motivations de certains syndicalistes, soupçonnant une volonté de semer la discorde pour ensuite tirer profit de la situation. Une question reste en suspens : où en est-on avec la mise en demeure adressée au syndicaliste Pierre Mintsa, figure de la contestation contre la démarche ministérielle ?