
Le paysage associatif au Burkina Faso connaît une restructuration radicale. Depuis la mi-avril, les autorités ont pris des mesures drastiques en suspendant 811 associations et en prononçant la dissolution de 118 autres structures. Cette décision, motivée par le non-renouvellement des instances dirigeantes, s’appuie sur le respect des cadres légaux en vigueur dans le pays.
Les organisations visées par ces suspensions, effectives depuis le mois de mai 2026, interviennent dans des domaines variés tels que la santé, l’éducation, la promotion du genre ou encore la religion. Durant cette période de mise à l’écart, ces entités sont uniquement autorisées à entreprendre des démarches pour régulariser leur situation administrative.
Un tournant vers une surveillance accrue
Cette vague de sanctions fait suite à la loi promulguée en juillet 2025 par le capitaine Ibrahim Traoré. Ce texte législatif encadre désormais de manière très stricte la liberté d’association, les ONG et les syndicats. Si la liberté de s’associer est réaffirmée, elle est désormais soumise à des obligations rigoureuses de déclaration et à un contrôle administratif permanent, sous peine de dissolution.
L’objectif affiché par l’exécutif est de renforcer la transparence financière et de disposer d’une cartographie précise des organisations actives sur le territoire. Cette stratégie vise également à lutter contre le blanchiment d’argent et à tarir les sources potentielles de financement du terrorisme.
Cependant, ce durcissement suscite des inquiétudes. Les structures bénéficiant de soutiens internationaux sont régulièrement pointées du doigt par les autorités, qui soupçonnent parfois des activités d’espionnage ou des liens avec les groupes jihadistes. Dans ce contexte, l’organisation Human Rights Watch a exprimé ses craintes, estimant que ce cadre légal permet d’accentuer la pression sur la société civile burkinabè.