Historiquement ancré dans la mémoire collective depuis les événements de 1968, le mois de mai s’impose de nouveau comme une période de turbulences majeures pour le Sénégal. Entre les commémorations de la fête du travail et l’héritage des luttes estudiantines, le pays fait face à une multiplication des foyers de mécontentement touchant divers secteurs d’activité.
Le secteur du transport paralysé à Dakar
Le front social s’est particulièrement durci dans la capitale avec le mouvement de grève déclenché par les conducteurs et agents de l’Association de Financement des Professionnels du Transport Urbain (AFTU). Ce conflit trouve sa source dans un litige technique et financier concernant l’implémentation de systèmes de billetterie électronique. Suite à une décision du Tribunal de Grande Instance de Dakar ordonnant l’arrêt du déploiement de ces dispositifs, les travailleurs ont manifesté leur désaccord, entraînant de sérieuses perturbations dans la mobilité urbaine.
Crises de gouvernance et tensions institutionnelles
L’agitation ne se limite pas aux routes. Au sein de la Fondation Trade Point Sénégal, le personnel tire la sonnette d’alarme sur une gestion interne jugée défaillante. Les employés dénoncent une dégradation du climat managérial et des pratiques de recrutement qu’ils estiment injustifiées. Parallèlement, l’Agence des Travaux et de Gestion des Routes (Ageroute) traverse une zone de fortes secousses. Le Directeur des Ressources humaines, Cheikh Ahmed Tidiane Thiam, a publiquement fustigé les méthodes de la nouvelle direction générale, pointant du doigt l’éviction brutale de 23 collaborateurs et un manque criant de dialogue social.
La colère des étudiants de l’Université numérique
Le milieu universitaire n’est pas en reste. Les étudiants de la dixième promotion de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK) ont exprimé leur vive frustration concernant le versement de leurs bourses d’études. Selon leurs déclarations, seule une partie des allocations prévues pour leur cycle de licence a été honorée. Ils exigent une régularisation immédiate de leur situation financière pour poursuivre leur cursus sereinement.
Qu’il s’agisse de fonctionnaires, de transporteurs ou d’étudiants, la convergence des luttes semble s’accélérer en ce milieu d’année, illustrant un climat de tension généralisé où chaque secteur durcit ses positions pour obtenir gain de cause.