Avec une avance confortable en championnat, le Paris Saint-Germain envisage son affrontement contre son dauphin, Lens, moins comme un match pour le titre que comme une étape cruciale en vue de sa finale de Ligue des champions.
Le Paris Saint-Germain est à « 99,9 % champion », selon les propres termes de Luis Enrique. Face à Lens, deuxième du classement, ce mercredi 13 mai, l’enjeu du titre de Ligue 1 est quasiment inexistant pour les Parisiens. Avec six points d’avance et une différence de buts de quinze unités, l’issue du championnat est scellée, même en cas de défaite à Bollaert-Delelis.
Ce faux suspense arrange parfaitement l’entraîneur parisien, dont l’unique priorité est désormais d’atteindre la finale de Ligue des champions le 30 mai contre Arsenal « dans les meilleures conditions physiques, mentales, individuelles et collectives ». L’objectif est clair : gérer la condition physique de ses cadres, accorder du repos à certains et maintenir le rythme pour l’ensemble de l’effectif.
Optimiser le temps de jeu des joueurs
Lors de la demi-finale retour à Munich, un grand nombre des titulaires parisiens (huit sur onze) avaient cumulé moins de 1 350 minutes de jeu en Ligue 1 sur 31 journées. Fidèle à sa méthode de gestion rigoureuse de la forme, Luis Enrique a confirmé qu’il ne présenterait pas nécessairement son onze de départ habituel contre son dauphin, même si Lens représente une opposition de taille. « La chose la plus importante pour moi, c’est de gérer et d’analyser individuellement la charge de minutes pour arriver au match de la finale de Ligue des champions dans les meilleures conditions », avait-il précisé après la victoire 1-0 contre Brest.
« Je suis sûr qu’on va être compétitifs à Lens et contre le Paris FC mais l’objectif, c’est le match du 30 mai. »
Luis Enrique, entraîneur du PSG,en conférence de presse.
Les joueurs partagent cette vision. « Lens est une très belle équipe, mais je pense que ça n’a rien à voir avec une finale de Ligue des champions, c’est vraiment à part », a déclaré Désiré Doué après avoir offert la victoire à son équipe contre Brest. « De tous les matchs qu’on a joués cette saison, il n’y en a pas un qui lui ressemblera. » Le héros de la dernière finale de C1, comme ses coéquipiers offensifs, a déjà bénéficié de repos contre Brest. Des joueurs comme Fabian Ruiz et Marquinhos, qui ont enchaîné les matchs après la demi-finale retour à Munich, pourraient être ménagés à leur tour, à moins que l’entraîneur parisien n’estime que le milieu espagnol doive retrouver plus de rythme.
Confirmer les choix tactiques
Le staff parisien pourrait également profiter de cette rencontre pour valider certaines expérimentations tactiques. Le repositionnement de Lucas Beraldo en sentinelle, un rôle qu’il occupe en Ligue 1 depuis un mois et qu’il a endossé à Liverpool et Munich en fin de match, semble désormais établi. De même, la reconversion de Senny Mayulu sur le flanc droit de la défense a déjà donné satisfaction.
« Pour jouer latéral au Paris Saint-Germain, la première chose que tu dois avoir, c’est le moteur », a analysé Luis Enrique. « C’est ce qu’a Hakimi, c’est ce qu’a Warren Zaïre-Emery. Senny Mayulu a aussi le moteur et c’est important. Après, il y a sa qualité, il a montré qu’il a le niveau offensif et défensif. » Convaincant à ce poste contre Lorient et Brest, le jeune titi de 19 ans aura l’occasion, face à une opposition plus exigeante, de prouver qu’il peut être une alternative crédible à Warren Zaïre-Emery si Achraf Hakimi ne se remet pas à temps pour la finale.
Du côté lensois, l’esprit n’est plus non plus entièrement tourné vers cette confrontation, qui aurait pu être décisive si elle n’avait pas été reportée par la Ligue à la demande du PSG, malgré l’opposition du RC Lens. « La deuxième place est validée, il faut la Coupe de France maintenant », a affirmé Pierre Sage, l’entraîneur lensois, déjà concentré sur la finale contre Nice après la victoire 1-0 contre le FC Nantes. Même avant le succès parisien face à Brest, le technicien des Sang et Or n’espérait plus dépasser les Parisiens. « On a essayé de les pousser dans leurs retranchements, mais on a loupé quelques virages dans notre saison qui est imparfaite. Pour les surclasser, il faut faire une saison parfaite », a-t-il reconnu, avant de pronostiquer avec confiance l’issue de la Ligue des champions : « Bravo à eux, ils ont réussi à gagner un autre titre et sûrement une deuxième Ligue des Champions. »