Le panorama de l’égalité des chances économiques entre les genres en Afrique présente des contrastes saisissants. Dans cette dynamique continentale, le Tchad se positionne au 36ème rang sur 54 nations, avec une évaluation de 51,40 sur 100. Ce résultat place le pays dans la seconde partie du tableau, juste derrière le Burundi (35ème) et devant le Botswana et le Nigeria, qui se partagent la 37ème place.
Les leaders de l’inclusion économique en Afrique
À l’échelle du continent, l’île Maurice caracole en tête. Le Togo se distingue également par une progression fulgurante en atteignant la deuxième place, suivi de près par la Côte d’Ivoire, la Zambie et l’Afrique du Sud. Ces performances remarquables découlent de réformes législatives audacieuses touchant des domaines essentiels tels que la mobilité professionnelle, le cadre matrimonial et le soutien à l’entrepreneuriat féminin.
Des avancées ciblées et des freins persistants au Tchad
Avec un score nettement inférieur aux moyennes africaine et mondiale, situées autour de 67 points, le Tchad doit encore transformer son cadre juridique. Une avancée notable est toutefois à souligner : la mise en place d’une législation réprimant le harcèlement sexuel dans l’espace public, renforçant ainsi la sécurité des citoyennes.
Cependant, plusieurs obstacles majeurs entravent encore l’épanouissement économique des femmes tchadiennes :
- Un accès restreint aux solutions de financement et au crédit ;
- Une protection insuffisante contre les discriminations en milieu professionnel ;
- Des lacunes dans la reconnaissance des droits parentaux ;
- Des inégalités marquées concernant la propriété foncière et les successions.
Ces barrières sont d’autant plus critiques que les femmes constituent le pilier de la population active, particulièrement dans les zones rurales et le commerce informel.
Le défi de l’application des lois
Au-delà des textes, la réalité du terrain reste complexe. Un fossé important subsiste entre les réformes adoptées et leur mise en œuvre effective. Globalement, seule la moitié des dispositions légales favorables à l’égalité sont réellement appliquées. Pour le Tchad, l’urgence réside dans l’adoption de mesures concrètes sur le droit de propriété et l’accès au capital, afin de bâtir une économie plus résiliente et inclusive.